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Nouveau prix pour « Entretien avec Robert »

Entretien avec Robert (la version short de La Capitale du Bruit) était en compétition au festival Suisse 2300 Plan 9 – Les Étranges Nuits du Cinéma. Nous nous y sommes rendus avec Arnaud Delecrin pour profiter de l’ambiance joyeuse de ce festival consacré aux films trash et gores organisé dans une église à La Chaux-de-Fonds. Le jury était composé de Guillaume Louradour (co-fondateur du Fifigrot), Vincent Forclaz (co-fondateur de l’association Arkäos) et Adrien Michel (un Strasbourgeois, membre de la société de production baptisée Synovie).

Notre court a été diffusé vers 3h du matin, lorsque la salle était à moitié remplie de gens qui dormaient ou qui se demandaient depuis une demi-heure s’ils allaient prendre une autre bière ou un verre d’eau. Nous avons dû le présenter et nous n’étions pas en forme non plus. J’enchaînais une deuxième cuite, Arnaud était déjà bien entamé et même l’animatrice qui nous avait gentiment caressé le paquet devant tout le monde n’a pas réussi à nous réveiller. Nous étions lamentables. Le présentateur disait que nous étions parfaits, mais je crois qu’il était bourré lui aussi.

Lorsque vous diffusez un court-métrage à ce festival, le public vote directement après la diffusion de votre film. Chaque spectateur dispose d’un carton rouge et d’un carton vert pour exprimer son mécontentement ou son enthousiasme face au court-métrage qu’il vient de voir. Par une magie que je ne saurai expliquer, le résultat des votes s’affiche en pourcentages sur le grand écran au bout de quelques secondes après votre court-métrage. En bref, si t’es réalisateur, t’as intérêt à avoir de l’humour et du recul. Parce qu’à 2300 Plan 9, les spectateurs se foutent que tu sois vexé ou non ! Ils peuvent te le dire à voix haute que ton film c’est de la merde ! Que c’est trop long ! Que tu n’as aucun avenir dans le cinéma ! Et que tes acteurs sont à chier ! Ils s’en branlent ! Ils te le disent en face et en gueulant ! On n’est pas au Star St-Ex ou à Clermont-Ferrand, là ! On est à 2300 Plan 9 ! Du coup, nous avons anticipé : Arnaud et moi avons voté contre notre film.

Nous avions beaucoup picolé et étions tellement fatigués au bout de la première soirée (on a déjà plus 20 ans, putain) que nous ressemblions à Lindsay Lohan sans maquillage. Je me souviens que Rafaël Cherkaski voulait que je présente rapidement son long-métrage Sorgoï Prakov, My European Dream (qui était dans la programmation) car il ne pouvait venir au festival. Je lui avais demandé de m’écrire un petit texte. Heureusement, Rafaël, tu ne me l’as jamais envoyé.

Nous avons retrouvé nos beaux Hyperartistes que nous avions rencontré au festival Courts-Mais-Trash à Bruxelles quelques mois plus tôt et nous avons découvert leur dernier délit filmique : Hypercool. C’était, sans conteste, le chef d’oeuvre du festival. Un court-métrage qui aborde l’amitié, la liberté, le voyage, la boisson et la mort.

Nous avons pu visiter la maison hantée d’Alain Margot. Une maison sur trois étages remplie de photos encadrées (il y a à peine un millimètre d’espace entre chacune des photos) de films d’horreur, de femmes dénudées et d’Avril Lavigne. Mais aussi de pièces surprenantes remplies de mannequins, poupées terrifiantes, babioles en tout genre, ambiances sonores flippantes, lumières dégueulasses… En gros, une maison fascinante dans laquelle vous pourriez venir chaque jour pendant un an et découvrir un nouveau détail. La maison organise des soirées les vendredi 13 et 11 septembre. Je connaissais Alain Margot notamment grâce à son documentaire Je suis Femen qui m’avait beaucoup marqué ; il avait suivi les Femen Ukrainiennes pendant trois ou quatre ans et avait fait un joli portrait de l’épatante Oxana Shachko. J’ai eu l’occasion de discuter avec lui dans la pièce consacrée à ces déesses révolutionnaires ; il m’avait informé qu’il avait été désigné par un journaliste comme celui « qu’il fallait abattre » parce qu’il serait « le » responsable de l’arrivée des Femen chez nous.

Avec Arnaud, nous avons bu le seul verre de vin rouge du séjour dans un petit bar dont j’ai oublié le nom. Nous avons abordé le sujet le plus barbant et fumeux qui soit : la politique. Un type d’une cinquantaine d’années prénommé Abdel s’est assis à côté de nous pour lire son journal (c’était vraiment un petit bar). Nous nous approchions du premier tour et je me demandais encore si j’allais voter ou non (je suis un abstentionniste convaincu, en général, je ne vote qu’au cinéma ; mais cette année, j’avais un doute). Aucun candidat ne me semblait digne de confiance. Aucune personnalité politique ne me semble digne de confiance, d’ailleurs. C’est comme les banquiers et les agents immobiliers ; ils puent la merde et ont la faucheuse imprimée dans le regard. Alors Abdel se tourne vers nous et balance : « Mais si, il faut voter ! On s’est battus pour ce droit ! » Je réponds : « Oui d’accord, mais on me balance le même discours depuis que j’ai le droit de voter – depuis 10 ans – et à chaque fois qu’il y a un nouveau président, les Français se rendent soudainement compte qu’ils ont voté pour un con. C’est à chaque fois le même schéma. Et je ne tiens pas à voter par défaut. » Abdel rétorque : « Votez Macron ! » Nous sommes partis.

Nous passions nos nuits dans un bunker privatisé pour les bénévoles et invités du festival. C’était chauffé, la bouffe était excellente, mais une nuit j’ai été réveillé par une odeur de merde. Les lits étaient superposés et je crois que le mec au-dessus de moi a dû se laisser un peu trop aller. Et croyez-moi : être réveillé par une odeur de merde est bien plus violent que d’être réveillé par un bruit. Bon, ça dépend du bruit, bien sûr.

Inutile de vous dire que la fatigue était encore plus visible sur nos gueules. Le dernier soir du festival, le jury a eu tellement pitié de nous qu’il nous ont filé une mention spéciale « Meilleure Photo » pour notre court-métrage. Evidemment, j’étais très content. Et très saoul. La tronche de Stéphane Bernard – notre acteur principal – a pu être rediffusée devant une salle remplie de gens réveillés.

Les Étranges Nuits du Cinéma 2017 – Dimanche

Et voilà c'est fini. Dans cette vidéo, vous découvrirez à quoi servait cette mystérieuse barre de chargement cachée dans la déco. Vous verrez aussi à quel point notre Jury (Adrien Michel, Vincent Forclaz et Guillaume Louradour) était beau lors de la remise des prix, ainsi que comment l'équipe d'animation a réussi à faire casser des chaises au public…Au passage, le Palmarès du Concours International de Court-Mais-Trash est le suivant:Prix Mini-Courts GRRIF : « Mon Bébé » de Séphora, Valentine et JonasPrix Plonk & Replonk : « Made In Spain » de Coke Riobóo, EspagnePrix du meilleur Son :« Oripeaux » de Sonia Gerbeaud et Mathias de Panafieu, FranceMENTION SIROP D'ERABLE : « Never Tear Us Apart » de Sid Zanforlin, CanadaMENTION MEILLEUR PHOTO :« Entretien Avec Robert » de Rock Brenner, FranceMENTION HYPERMENTION :« Hypercool, Un Film Hyperartiste » de Mathias Antonietti (Bisou Zoubi) & Rémy Rufer, SuisseMENTION "N'ARRETE SURTOUT PAS LA DROGUE" : « Les Aventurières De La Caverne Aux Diamants » de Michal Vacilys Tarantulo, ColombiePRIX DU JURY : « Downunder » de Fernando Gonzalez Gomez, EspagnePRIX DU PUBLIC : « Le Crayon » de Basile Vuillemin, Suisse

Publié par 2300 Plan 9 : Les Etranges Nuits du Cinéma sur mercredi 19 avril 2017

La dernière nuit au bunker, la folie a commencé à s’emparer de moi. J’avais pris le soin de changer de lit, mais le mec au-dessus de moi a lâché une caisse titanesque qui m’a fait exploser de rire. Un rire incontrôlable, impossible à calmer ; je n’étais plus moi-même. Quoique. J’ai dû me rhabiller et sortir du bunker pour exploser de rire en pleine rue comme un évadé d’asile. Il était 6h du matin et je suis parti marcher dans La Chaux-de-Fonds. Arnaud avait mis son réveil pour 10h.

 

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Encore merci à Fabien et à tous les bénévoles de 2300 qui ont un fait un boulot de dingue !

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